Interpellation citoyenne aux autorités et aux responsables politiques

En Guadeloupe, 156 personnes sont décédées du Covid. Ce chiffre est extrêmement élevé lorsqu’il est mis en relation avec ceux des autres îles des Petites Antilles (aucun décès en Dominique, à Grenade, à Saint-Vincent, à St Kits, 5 décès à Sainte-Lucie, 7 décès à la Barbade par exemple). Au 18 décembre, le taux d’incidence du virus était selon Santé Publique France de 12 cas pour 100.000 encore supérieur au seuil de vigilance qui est de 10 cas pour 100.000 habitants.

Depuis l’incendie du CHU, les structures hospitalières de la Guadeloupe sont à la peine, avec des difficultés de prise en charge des patients, même lorsque cette épidémie n’était pas déclarée. De plus, les problèmes récurrents de distribution d’eau rendent difficile une application stricte des gestes barrières. Malgré tout, les efforts réalisés par l’ensemble des Guadeloupéens et le professionnalisme des personnels de santé ont permis de juguler fortement l’épidémie dont les indicateurs ont été les plus élevés de tous les «départements français» au sortir des grandes vacances faisant suite à l’arrivée des vacanciers.

Bien que la situation sanitaire de la Guadeloupe reste préoccupante, les promotions pour passer les vacances en Guadeloupe, Martinique, Guyane et la Réunion se multiplient, avec des effets immédiats : 40.000 visiteurs sont attendus dans l’archipel guadeloupéen. Nous savons avec quelle facilité les tests sont falsifiés, sans qu’aucune mesure de contrôle supplémentaire n’ait été prise. Cette crise montre bien que nos intérêts, y compris le premier d’entre eux, notre santé, ne sont pas ceux de la France. Raison pour laquelle, nous réaffirmons, ici, notre volonté de doter
la Guadeloupe de compétences en matière de gestion sanitaire et des frontières, comme c’est le cas en Kanaky-Nouvelle-Calédonie (conséquence, c’est l’un des rares pays « sans covid» ).
En attendant, compte-tenu de notre réalité statutaire et du danger représenté par l’arrivée d’un flux massif de touristes en Guadeloupe dont ¼ de la population présente des comorbidités, nous demandons une gestion cohérente et collégiale du risque:

  • L’enregistrement de tout passager sur une plate-forme avant son départ pour la ges6on et le suivi de son statut Covid en lien avec l’ARS et son hébergeur ceci, avant le départ et aussi sur place.
  • Une obligation de confinement strict pour tout nouvel arrivant en par6culier pour tous les visiteurs en provenance de zones à risques.
  • La réalisation obligatoire de deux tests l’un à 72H avant le départ, l’autre 4 jours après l’arrivée sous le contrôle de l’ordre des médecins de Guadeloupe.
  • En cas de statut covid posi6f, l’applica6on d’une quarantaine stricte dans le lieu d’hébergement et soumise à un contrôle strict, en lien avec l’hébergeur ou la famille d’accueil, qui aura intérêt que le lieu de résidence de son hôte ne devienne pas un foyer de l’épidémie.
  • La mise en place d’un protocole de soins applicable au CHU et par les médecins de ville, dès l’appari6on des premiers symptômes, pour limiter l’engorgement du CHU.
  • Le désengorgement du CHU par une ac6va6on volontariste d’autres sites hospitaliers, Marie-Galante par exemple (à qui pourrait être dédiée certains domaines de médecine hors-Covid (réservé au CHU).

Depuis Mars, les Guadeloupéens répondent aux injonctions diverses, souvent incohérentes, et ont fait preuve de responsabilité. Nous payons collectivement un lourd tribut avec une
économie empêchée, des interdictions pesant sur les festivités traditionnelles, les marchés, les divers contrôles de police et amendes dressées aux professionnels. Les conséquences d’une nouvelle vague seront assurément supportées par la population, la gestion de cette crise excentrée et déconnectée prouve s’il le fallait la nécessité d’une évolution majeure vers un pouvoir guadeloupéen.

Aujourd’hui, il vous appartient, de faire preuve de responsabilité en mettant l’intérêt général de notre peuple au centre des décisions. Fò nou mèt an kaz an nou !

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