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PLAN STRATÉGIQUE POU NASYON GWADLOUP VANSÉ

Conférence de presse du 20 mai 2022

Jarry, Baie-Mahault

 

« QUE FAUT-IL FAIRE POUR QUE LA GUADELOUPE DEVIENNE UNE NATION ÉMANCIPÉE ET RESPONSABLE ? COMMENT PASSER D’UNE POSITION DE SUBORDINATION À DES INTÉRÊTS EXOGÈNES À UN ÉPANOUISSEMENT ENDOGÈNE ? »

L’urgence de l’ANG est que les Guadeloupéens usent des moyens à leur disposition pour changer durablement et radicalement notre situation. Que nous puissions maitriser nos destins et faire face aux enjeux : hausse considérable des prix pour les ménages, les menaces face au coût de l’énergie et donc de l’impact pour la production locale, une véritable transition vers la souveraineté alimentaire mais aussi avoir les moyens de gérer l’organisation de la santé et donc les crises sanitaires comme les risques naturels.

Le résultat des dernières élections ont montré une défiance sans précédent envers le gouvernement français et les élus qui les représentent ici. Ce vote qui passe d’un extrême à l’autre est aussi l’expression d’une impuissance à se construire, à régler les problématiques auxquelles nous faisons face (en particulier pendant la crise) à porter l’espoir pour les générations futures. Une impuissance qu’exprime une société déboussolée où les chiffres de la criminalité repartent à la hausse, les accidents sont de plus en plus nombreux et les conflits sociaux non résolus. Une impuissance face notre incapacité à construire un projet commun.

L’ANG ainsi que ses partenaires proposent une série de rencontres où seront détaillés les enjeux politiques, où les réflexions seront mises en commun pour construire une stratégie avec un fil conducteur : émancipation et responsabilité.

L’ANG ainsi que ses partenaires proposent une série de rencontres où seront détaillés les enjeux politiques, où les réflexions seront mises en commun pour construire une stratégie avec un fil conducteur : émancipation et responsabilité.

  •  Crise sanitaire, crise climatique, crise géopolitique : Nou mélé oben sé on chans pou nou adapté ?
  •  Des recettes qui diminuent, l’octroi de mer indexé uniquement sur la consommation, comment orchestrer, financer et maîtriser l’action publique ?
  • Comment financer notre responsabilité politique ?
  • Une population globalement en mauvaise santé, une crise sanitaire mal vécue, des déserts médicaux et une nécessaire gouvernance locale à inventer… quelle politique de santé       pour la Guadeloupe ?
  • Face au défi démographique, quelle place de la diaspora ? Comment comprendre et enrayer le départ massif de la jeunesse?
  • Défi culturel guadeloupéen, devenir enfin ce que nous sommes?
  • Comment arriver à la souveraineté alimentaire ?

OBJECTIFS: L’objectif de ce plan est de remettre au coeur des enjeux politiques, la société guadeloupéenne: son développement, son avenir. Sortir d’une personnalisation du pouvoir qui conduit à des confrontations stériles. Ce n’est qu’en changeant radicalement les règles que nous pourrons avoir des résultats différents. Nous avons la sensation de vivre au rythme des décisions extérieures, sans avoir les ressorts pour maîtriser notre destinée.

Ces rencontres ont pour objectifs :

– ÉCLAIRER :

– Sur nos possibilités d’action, aujourd’hui ainsi que sur les scenarii envisageables dans notre cas.

– Expliquer à la population les enjeux et intéresser aux questions de société

– Fédérer autour de l’idée de la Nation guadeloupéenne émancipée.

– Impliquer le plus grand nombre dans les réflexions: partis politiques, universitaires, élus, citoyens.

– PROPOSER :

– Elaborer des propositions innovantes et chiffrées.

– Proposer des indicateurs permettant d’évaluer le cheminement

– Publier des analyses politiques pour influencer les prises de décisions locales.

CALENDRIER: Nous avons souhaité dans la première phase de ce plan d’ouvrir ces espaces d’échanges, de débats, de rencontres avec les partenaires de l’ANG, les experts du territoire, les acteurs. Cette première phase débouchera sur une étape de cadrage et de planification autour des thématiques prioritaires qui auront émergé.

CONTACTS:

kontak@angwadloup.com

www.angwadloup.com

 

 

 

 

SOUTIEN À DENIS DELOUMEAUX ET AUX PERSONNELS SUSPENDUS

Vingt jours que Denis Deloumeaux est entré en grève de la faim. Vingt jours de quasi indifférence. Vingt jours sans dialogue.

De par le monde, les restrictions dues au COVID sont allégées voire totalement levées tandis qu’en Guadeloupe le personnel hospitalier subit une répression cruelle et inédite. À l’aune des différents scrutins électifs, le cadeau électoral que représente la fin du pass vaccinal ne fait que marginaliser encore plus les soignants qui se retrouvent maintenant comme l’un des rares corps de métier soumis à l’obligation vaccinale.

L’ANG appelle à faire preuve d’humanité face à la situation de Mr Deloumeaux avant qu’un drame ne survienne. Ce cadre administratif qui sert depuis près de 30 ans le service public ne peut sacrifier sa vie face au maintien d’une position dogmatique et unilatérale sur le vaccin.

L’ANG apporte tout son soutien à Mr Denis Deloumeaux et à tout le personnel suspendu et appelle à ce qu’un moratoire soit mis en place au plus vite concernant la situation des personnels en Guadeloupe.

PRI KA MONTÉ, LAGÈ KA PÉTÉ, LATÈ AN BOULVÈS, ANNOU PRAN DOUVAN AVAN DOUVAN PRAN NOU

La guerre entre la Russie et l’Ukraine, alors même que l’épidémie de Covid est en train de ralentir, est le signe que nous sommes entrés dans un cycle infernal pour l’appropriation des ressources de la planète par les grandes puissances mondiales, sous couvert de conflit géopolitique.

Le besoin croissant de ressources (pétrolière, minière, etc.) pour relancer la croissance économique de puissances mondiales en ripaj entre elles, alors que ces ressources sont en voie d’épuisement, démontre que le modele de développement basé sur la croissance, causera à terme la destruction de l’humanité. Du moins de l’humanité telle que les humanistes la définissent. Nous ne pouvons pas rester sans réaction face à tous ces évènements qui vont nous impacter à coup sûr. L’Ukraine et la Russie sont de grands producteurs céréaliers mondiaux, il y aura donc nécessairement des difficultés d’approvisionnement et des augmentations de prix qui vont affecter l’alimentation humaine mais également l’alimentation des animaux d’élevage.
Depuis plusieurs mois, les prix des carburants et du gaz flambent, atteignant aujourd’hui des valeurs bien supérieures à celles de 2009 chez nous. Cette évolution des prix s’observe aussi sur la quasi-totalité des produits de première consommation.

Si cette flambée inflationniste touche un nombre important de pays et en particulier ceux qui sont les plus liés aux marchés internationaux, elle a un impact encore plus marqué sur les pays fortement dépendants de l’importation. Elle va ainsi renforcer la grave situation sociale que vit notre pays. Avant cette crise,34% de la population se situait en-dessous du seuil de pauvreté (soit environ 138 000 personnes vivant avec moins de 1110,00 €/mois).

Dans la période difficile que nous vivons, l’ANG alerte sur la dégradation accélérée des conditions de vie de la population et singulièrement celle aux conditions de vie précaires.

L’ANG appelle à un effort conséquent des collectivités bénéficiaires des taxations sur ces produits afin d’atténuer les effets délétères de ces augmentations. Les crises sont aussi occasion de faire preuve de souplesse, d’inventer de nouveaux fonctionnements et surtout d’être solidaires.

Pour autant, la situation que nous vivons aujourd’hui doit nous conduire collectivement à un sursaut et une prise de conscience de notre vulnérabilité due à nos choix de consommation, à nos choix de modèle de développement, ou plutôt aux conséquences
des choix qui nous sont imposés.

C’est aussi notre responsabilité citoyenne que de mesurer les impacts de nos modes de vie, du gaspillage érigé en modèle économique pour promouvoir une croissance sans fin alors que nous utilisons majoritairement des ressources qui s’épuisent. C’est aujourd’hui qu’il nous faut réfléchir et investir avec détermination un autre modèle basé sur une utilisation équilibrée des ressources et une capacité à subvenir à nos besoins en utilisant au maximum nos propres ressources. C’est aujourd’hui qu’il nous faut élaborer un projet politique s’attachant à construire notre souveraineté alimentaire et énergétique, pour notre survie et notre épanouissement. C’est tout le sens des travaux de l’ANG. Nous invitons toutes les forces éprises de transition
agroécologique et énergétique durable à converger dans ce sens.

CONTACTS:kontak@angwadloup.com | 0690607898

 

 

NOU SÉ NOU, YO SÉ YO !

Répression, barrages, intimidations… encore une fois la Guadeloupe rentre dans un cycle délétère où les plus précaires et les plus fragiles vont encore subir le poids de cette situation.
La crise COVID, qui n’a pas lieu qu’en Guadeloupe, ne fait que davantage révéler nos incohérences collectives. Nos demandes d’adaptations, nos besoins de prise en compte de spécificités dans un droit commun qui ne répond pas à sa promesse d’égalité encore moins d’équité, continuent à nous assujettir au bon vouloir de l’État français qui sert ses propres intérêts.

La question du vaccin révèle la complète défiance des Guadeloupéens envers les autorités sanitaires qui, au lieu de faire preuve de pédagogie, sont passées du mépris à la répression en privant de revenus et d’existence sociale des milliers de familles qui ne voulaient pas se soumettre.

Partout en France, la gestion des ARS, leur centralisation, le manque de coordination sont remis en cause alors que sous nos latitudes, aucune remise en question de cette gestion n’est envisageable par les décideurs. Leur slogan est sans arrêt répété : la population serait seule responsable de la situation.
Nous sommes collectivement dans une situation inextricable. Il nous appart inconcevable de ne pas entendre la détresse des soignants et des personnes obligés de se faire vacciner. Combien de témoignages de personnes en pleurs au moment de se faire vacciner ? De malaises ?

L’accès aux soins, droit fondamental, n’est pas possible avec si peu de personnel disponible. Malgré les chiffres claironnés, les services du CHU fonctionnent au tiers des capacités avec des agents surchargés au moment où une vague Omicron est en train d’arriver avec son lot de personnels cas contacts et positifs. Les délais de consultation pour certains professionnels s’allongent au point que ceux qui ont les moyens voyagent pour se faire soigner pendant que les chances des plus précaires s’amenuisent.

Au-delà des personnes en présence, des fonctionnaires d’État à la manœuvre, quelque soit leur origine par ailleurs, cette énième violence institutionnelle doit nous forcer à sortir de notre situation de fit é fant ! An nou las jwé jé bésé é an nou pran dispozisyon pou nou woté pyé an nou an vyé soulyé on bon fwa !

Et si le refus de la loi du 5 Août 2021 était notre premier acte vers un changement radical pour nous-mêmes ?

Nou pa yo ! Nou vé pa lwa a yo…Tala é tout sé la ki ka mété nou an dalo ! Nou pé pa ka rété la ka é gadé Péyi an nou ka touné an won. An nou vansé ansanm.

Le mépris de ce gouvernement est au paroxysme et sèl jan nou pé soti adan sa, sé fasadé avè nou-menm pou pran on chimen ki ka sanm nou, pou nou-menm! Tout Péyi-la an boulvés… tout Péyi-la ka pran fè adan tou sa.

An nou pran sans an nou, an nou pran kouraj an nou pou baké adan on dòt dirèksyon pou konstwi Gwadloup avè tout Gwadloupéyen !

Halte à l ’escalade, place au dialogue

Depuis des mois, l’ANG alerte sur la non applicabilité du pass sanitaire et de l’obligation vaccinale en Guadeloupe, au regard de la sous vaccination du pays.

Le maintien, coûte que coûte, par le gouvernement de cette volonté, conduit à des violences faisant des victimes dans tous les pans de la société :

patients qui ont du mal à trouver une offre de soin de qualité

personnels non vaccinés qui se retrouvent sans emploi et sans revenus

personnels vaccinés travaillant sous pression permanente, tant psychologique que physique

direction du CHU agressée physiquement pour avoir appliqué avec zèle les directives de l’État.

Tous les jours nous allons vers une nouvelle escalade qui laisse peu d’espoir aux citoyens. Les positions extrêmes et dogmatiques ne permettent pas une sortie de crise alors même que les contaminations repartent à la hausse. Seule la discussion apaisée et constructive entre Guadeloupéens, basée sur le respect des uns et des autres peut permettre de trouver des solutions adaptées. L’Etat, quant à lui doit retrouver le chemin du dialogue au lieu de faire des déclarations clivant davantage la société, ainsi que l’assume le Président français lors de ses dernières déclarations.

Contraindre une population en période de crise, en période d’affaiblissement de la parole politique ne permettra pas remettre en place le système de santé Guadeloupéen.

Le pragmatisme et la voie du dialogue doivent primer : l’ANG appelle l’ensemble des acteurs à plus de clairvoyance, et au retour du dialogue.

Arrestation d’Elie Domota

L’Alyans Nasyonal Gwadloup dénonce l’arrestation brutale d’Élie Domota qui sonne comme une provocation dans la situation actuelle.

Nous appelons à la libération immédiate d’Élie Domota et à l’ouverture de négociations, seule voie de sortie de crise.

L’ANG, fidèle à ses valeurs d’émancipation et de responsabilité, rappelle son souhait exprimé depuis décembre 2020 de voir apporter une réponse Guadeloupéenne à cette crise.

L’ANG réaffirme son opposition maintes fois exprimée à l’obligation vaccinale, au pass sanitaire bientôt transformé en pass vaccinal. Nous demandons aux Guadeloupéens d’être solidaires de tous ceux qui subissent la répression et les conséquences des mesures unilatérales imposées par le gouvernement français, ne tenant pas compte de la réalité guadeloupéenne.

Appel au dialogue !

L’échec des négociations et les nouvelles annonces gouvernementales privilégiant, une fois de plus, davantage la contrainte que la pédagogie, risque d’aggraver des tensions sociales et sociétales déjà très vives chez nous. Ces règles vont accentuer la fragilisation de l’appareil sanitaire en Guadeloupe.

Elles vont provoquer une réduction des effectifs des soignants tant au CHU qu’en médecine de ville et parmi les accompagnements médico-sociaux et impacter encore plus les chances de vie des patients. Elles vont également fragiliser les conditions de travail du personnel en poste, soumis à des cadences infernales et à des pressions psychologiques et parfois physiques.

La conséquence est là, inévitable : moins de personnel de santé disponible pour une population fragile, en période de crise pandémique. Rappelons que c’est d’abord le soin et la vie des patients qui sont au cœur de l’enjeu du système de santé.

L’ANG appelle chacune des parties à prendre la mesure de cette situation pour rapprocher leurs positions pour ensemble trouver une organisation qui permette aux Guadeloupéens de bénéficier des soins de qualité, et bénéficier de protocoles adaptés pour organiser la réponse face à cette crise sans précédent.

Pour rappel, depuis novembre 2020, la Guadeloupe enregistre des records de mortalité et des soignants déjà à bout de souffle sont peu entendus. Cette mortalité est aussi due à une désorganisation chronique qui s’est accrue avec l’incendie. Comment imaginer qu’en réduisant encore drastiquement les effectifs et les médecins libéraux, nous pourrons répondre aux besoins d’une population dont l’état de santé déplorable est connu ? Comment imaginer que les employés vaccinés pourront à eux seuls porter la charge de travail sur le long terme?

Un peuple malade ne peut évoluer. Un peuple en guerre continuelle ne peut se construire.

Notre conviction forte est que nous devons sortir de cette position d’impuissance et fasadé épi nou menm.

Pou gran moun an nou, pou nou menm é sa ki ka vini dèyè! An nou las subi san pran santiman é pran responsabilité an nou.

Mise à jour du protocole guadeloupéen concerté

Depuis plusieurs jours, un nouveau variant très contagieux Omicron apparaît comme une menace y compris pour les personnes vaccinées.

De plus, la France comme une bonne partie de l’Europe connaissent un rebond épidémique du au variant delta.
Comme l’ANG le fait depuis bientôt 1 an, nous appelons à la plus grande prudence et à l’évolution du protocole sanitaire actuel. Il semble en effet indispensable, à l’orée de la haute saison touristique, de faire évoluer les conditions d’entrée sur le territoire guadeloupéen pour tous les arrivants et notamment ceux en provenance du continent européen. Pour rappel, le taux d’incidence en France est actuellement de 470 pour 100 000, contre 36 pour 100 000 en Guadeloupe.

Notre système de santé ne sera pas en mesure de faire face à une 5ème vague épidémique, d’autant que les personnels soignants continuent de recevoir des courriers de suspensions de l’ARS, affaiblissant ainsi l’appareil sanitaire.

Aujourd’hui, les effectifs sont réduits au point tel que les opérations sont toutes repoussées, que la charge de travail des soignants est excessive et l’absence des travailleurs libéraux exacerbe la précarité. L’accès aux soins n’est plus garanti pour les guadeloupéens, alors que c’est un droit fondamental et essentiel.

La défiance envers les organes de santé publique s’appuie sur l’incohérence des décisions et le sentiment de ne pas être protégé par la puissance publique.

La mise à jour du protocole proposé par l’ANG est une garantie de protection des Guadeloupéens et des visiteurs. Dans le même temps, il semble urgent de rétablir la communication avec la communauté des soignants, mais également l’abrogation des sanctions les concernant dans cette période de risque épidémique.

La prévention et l’anticipation sont des clefs importantes pour éviter cette cinquième vague que personne ne souhaite. Il est primordial que tous, nous soyons concernés et impliqués dans la protection de notre population, de notre économie et de notre destination.

Lien vers le protocole incluant le protocole d’arrivée 3 couleurs

Contact presse: kontak@angwadloup.com

Lettre ouverte aux représentants élu(e)s par les citoyens « LE PROJET GWADLOUP »

Mesdames, Messieurs,

Nous les membres de la « Mouvans Jénès » de l’ANG, âgés entre 16 et 40 ans, nous nous permettons de vous alerter sur les derniers événements qui agitent notre territoire depuis quelques jours.

En tout état de cause, cette crise sanitaire a amplifié un malaise déjà bien ancré dans la société guadeloupéenne. Nous pouvons facilement nous en rendre compte quand on porte attention aux discours venant des personnes présentes sur les différents barrages et ce, sans distinction de sexe, d’âge et de catégorie socio-professionnelle. La gestion inadaptée de la crise sanitaire par les services de l’état, le sentiment d’immobilisme des élus et / ou de la non prise en compte de leurs avis ont éveillé une colère latente explosant comme la soufrière en 1976. Mesdames, Messieurs les élu(e)s, nous symbolisons aussi cette population ayant le sentiment d’être écartée de toute considération visant à préserver les intérêts légitimes de la Guadeloupe.

Il est à noter que les guadeloupéens ont fait preuve d’une exemplarité sans faille malgré les tergiversations émanant de l’Etat en ce qui concerne l’obligation du port du masque, les conditions d’accessibilité au territoire, l’accompagnement des entreprises de la restauration et de l’événementiel. Force est de constater que la confiance envers vous les élus et l’État est aujourd’hui quasiment rompue. Le fort taux d’abstention aux dernières élections régionales et la défiance du couvre-feu instauré ces dernières heures, sont des éléments factuels qui sont là pour le rappeler.

Nous symbolisons aussi cette jeunesse débordante de vie et d’énergie, de volonté, de créativité et de compétences tout en ayant ce sentiment de révolte. Une jeunesse guadeloupéenne qu’elle soit salariée, fonctionnaire, entrepreneuse, étudiante ou sans emploi qui n’a jamais failli quand il a été question de démontrer son amour indéfectible pour son pays. Une jeunesse qui malheureusement, a le sentiment d’être galvaudée, utilisée, à travers des projets politiques dans lesquels elle n’est pas prise en considération. A ce titre, l’exode massif de cette force vive extraordinaire dans les pays européens, asiatiques et nord-américains en dit long.

Ainsi, le moment n’est-il pas venu de tous s’asseoir ensemble afin d’entamer un vrai dialogue constructif qui permettra d’entamer une vraie mutation de la société guadeloupéenne ?

Mesdames et Messieurs les élu(e)s, il n’est pas trop tard pour reprendre le contrôle de la situation sans le déploiement massif de militaires et de policiers.
À travers ces quelques lignes, nous mettons en alerte sur le fait que 12 ans après les évènements de 2009, la population, singulièrement la jeunesse de cet archipel exprime de nouveau sa colère et son désarroi à travers de tristes scènes au sein d’un projet sociétal dans lequel elle ne s’identifie pas ni ne s’y retrouve. Il semble de toute évidence qu’au-delà des revendications posées par les organisations syndicales concernant l’obligation vaccinale et le pass sanitaire, la Guadeloupe est à un tournant de son histoire. Visiblement, les politiques d’ajustement et le colmatage n’ont pas guéri les maux profonds d’une société marquée au fer rouge par 4 siècles d’esclavage colonial et un scandale sanitaire récent dans lequel l’État a une grande part de responsabilité. Visiblement, la départementalisation n’a pas dissipé cette quête identitaire et ce malgré l’amélioration des conditions de vie.

Nous avons tous une interrogation commune à travers ces tristes et malheureux évènements : quel est le projet guadeloupéen ?

Nous invitons tout le monde à se mettre ensemble autour d’une table afin d’entamer un nouveau chapitre crucial pour l’avenir de cet archipel dans son ensemble. Nous demandons donc clairement la possibilité d’avoir un vrai pouvoir local guadeloupéen prenant des décisions en fonction de la réalité géographique, culturel et historique du territoire. Ainsi, la consultation de la population par le biais d’un référendum sur l’évolution statutaire lors des prochaines échéances régionales nous paraît crucial.

Nous tenons à porter notre pierre à l’édifice et invitons les autres jeunes à s’investir dans ces futurs échanges qui impacteront l’avenir de cette Guadeloupe que nous aimerons jusqu’à notre dernier souffle.

Enfin, nos pensées se dirigent vers toutes celles et ceux qui ont perdu leurs proches, leur emploi et leur entreprise durant cette période pandémique que nous traversons.

 

« Dèmen solèy ké lévé »

 

Mouvans Jénès ANG

Retour des tests PCR pour les personnes vaccinées arrivant en Guadeloupe.

Le Ministre de l’Outremer, Sébastien Lecornu a annoncé ce matin qu’il rétablissait l’obligation d’effectuer un test PCR pour les personnes vaccinées souhaitant se rendre dans les territoires dits d’Outremer. Le 1er octobre dernier, nous dénoncions cette décision prise de façon unilatérale de modification de conditions d’entrée sur notre territoire.

L’ANG pointe du doigt notre vulnérabilité, il aura fallu 7 semaines de protestation, de rencontres avec les élus et que la tension monte pour que cette mauvaise décision soit révoquée. En effet, même si nous savons que le fait d’être vacciné réduit la contamination, nombre d’études indiquent que les personnes vaccinées peuvent encore contaminer en particulier avec le variant Delta, et que les vaccins ne sont pas efficaces face au variant Mu.

La protection de notre peuple doit passer avant toute autre considération, il est hors de question de devoir à nouveau quémander l’aide médicale de soignants français faute d’avoir su (ou pu) prendre les bonnes décisions à temps.

Depuis bientôt 11 mois, l’ANG propose un protocole qui en encadrant les flux d’arrivées, en intégrant les professionnels du tourisme, éviterait des fermetures brusques mettant à mal notre économie. Notre protocole reste d’actualité, et son application s’avère de plus en plus nécessaire. Seule une partie de la classe politique a compris la nécessité d’une action locale concertée, de stratégies à déployer depuis la Guadeloupe.

Nous n’avons eu de cesse de rappeler que cette situation sanitaire dégradée (plus de 800 décès dus au COVID)est le résultat d’une gestion unilatérale, tenant que peu compte de nos réalités : comment imaginer poursuivre sans remettre en question les décisions qui ont donné de tels résultats ?

Plus que jamais, nous affirmons la nécessité de sortir d’un statut qui nous impose de telles contorsions pour protéger la population. Il est temps d’avoir notre propre gouvernance sanitaire. La responsabilité locale, c’est déjà prendre ses responsabilités.

Le Boula