Mois : novembre 2021

Lettre ouverte aux représentants élu(e)s par les citoyens « LE PROJET GWADLOUP »

Mesdames, Messieurs,

Nous les membres de la « Mouvans Jénès » de l’ANG, âgés entre 16 et 40 ans, nous nous permettons de vous alerter sur les derniers événements qui agitent notre territoire depuis quelques jours.

En tout état de cause, cette crise sanitaire a amplifié un malaise déjà bien ancré dans la société guadeloupéenne. Nous pouvons facilement nous en rendre compte quand on porte attention aux discours venant des personnes présentes sur les différents barrages et ce, sans distinction de sexe, d’âge et de catégorie socio-professionnelle. La gestion inadaptée de la crise sanitaire par les services de l’état, le sentiment d’immobilisme des élus et / ou de la non prise en compte de leurs avis ont éveillé une colère latente explosant comme la soufrière en 1976. Mesdames, Messieurs les élu(e)s, nous symbolisons aussi cette population ayant le sentiment d’être écartée de toute considération visant à préserver les intérêts légitimes de la Guadeloupe.

Il est à noter que les guadeloupéens ont fait preuve d’une exemplarité sans faille malgré les tergiversations émanant de l’Etat en ce qui concerne l’obligation du port du masque, les conditions d’accessibilité au territoire, l’accompagnement des entreprises de la restauration et de l’événementiel. Force est de constater que la confiance envers vous les élus et l’État est aujourd’hui quasiment rompue. Le fort taux d’abstention aux dernières élections régionales et la défiance du couvre-feu instauré ces dernières heures, sont des éléments factuels qui sont là pour le rappeler.

Nous symbolisons aussi cette jeunesse débordante de vie et d’énergie, de volonté, de créativité et de compétences tout en ayant ce sentiment de révolte. Une jeunesse guadeloupéenne qu’elle soit salariée, fonctionnaire, entrepreneuse, étudiante ou sans emploi qui n’a jamais failli quand il a été question de démontrer son amour indéfectible pour son pays. Une jeunesse qui malheureusement, a le sentiment d’être galvaudée, utilisée, à travers des projets politiques dans lesquels elle n’est pas prise en considération. A ce titre, l’exode massif de cette force vive extraordinaire dans les pays européens, asiatiques et nord-américains en dit long.

Ainsi, le moment n’est-il pas venu de tous s’asseoir ensemble afin d’entamer un vrai dialogue constructif qui permettra d’entamer une vraie mutation de la société guadeloupéenne ?

Mesdames et Messieurs les élu(e)s, il n’est pas trop tard pour reprendre le contrôle de la situation sans le déploiement massif de militaires et de policiers.
À travers ces quelques lignes, nous mettons en alerte sur le fait que 12 ans après les évènements de 2009, la population, singulièrement la jeunesse de cet archipel exprime de nouveau sa colère et son désarroi à travers de tristes scènes au sein d’un projet sociétal dans lequel elle ne s’identifie pas ni ne s’y retrouve. Il semble de toute évidence qu’au-delà des revendications posées par les organisations syndicales concernant l’obligation vaccinale et le pass sanitaire, la Guadeloupe est à un tournant de son histoire. Visiblement, les politiques d’ajustement et le colmatage n’ont pas guéri les maux profonds d’une société marquée au fer rouge par 4 siècles d’esclavage colonial et un scandale sanitaire récent dans lequel l’État a une grande part de responsabilité. Visiblement, la départementalisation n’a pas dissipé cette quête identitaire et ce malgré l’amélioration des conditions de vie.

Nous avons tous une interrogation commune à travers ces tristes et malheureux évènements : quel est le projet guadeloupéen ?

Nous invitons tout le monde à se mettre ensemble autour d’une table afin d’entamer un nouveau chapitre crucial pour l’avenir de cet archipel dans son ensemble. Nous demandons donc clairement la possibilité d’avoir un vrai pouvoir local guadeloupéen prenant des décisions en fonction de la réalité géographique, culturel et historique du territoire. Ainsi, la consultation de la population par le biais d’un référendum sur l’évolution statutaire lors des prochaines échéances régionales nous paraît crucial.

Nous tenons à porter notre pierre à l’édifice et invitons les autres jeunes à s’investir dans ces futurs échanges qui impacteront l’avenir de cette Guadeloupe que nous aimerons jusqu’à notre dernier souffle.

Enfin, nos pensées se dirigent vers toutes celles et ceux qui ont perdu leurs proches, leur emploi et leur entreprise durant cette période pandémique que nous traversons.

 

« Dèmen solèy ké lévé »

 

Mouvans Jénès ANG

Retour des tests PCR pour les personnes vaccinées arrivant en Guadeloupe.

Le Ministre de l’Outremer, Sébastien Lecornu a annoncé ce matin qu’il rétablissait l’obligation d’effectuer un test PCR pour les personnes vaccinées souhaitant se rendre dans les territoires dits d’Outremer. Le 1er octobre dernier, nous dénoncions cette décision prise de façon unilatérale de modification de conditions d’entrée sur notre territoire.

L’ANG pointe du doigt notre vulnérabilité, il aura fallu 7 semaines de protestation, de rencontres avec les élus et que la tension monte pour que cette mauvaise décision soit révoquée. En effet, même si nous savons que le fait d’être vacciné réduit la contamination, nombre d’études indiquent que les personnes vaccinées peuvent encore contaminer en particulier avec le variant Delta, et que les vaccins ne sont pas efficaces face au variant Mu.

La protection de notre peuple doit passer avant toute autre considération, il est hors de question de devoir à nouveau quémander l’aide médicale de soignants français faute d’avoir su (ou pu) prendre les bonnes décisions à temps.

Depuis bientôt 11 mois, l’ANG propose un protocole qui en encadrant les flux d’arrivées, en intégrant les professionnels du tourisme, éviterait des fermetures brusques mettant à mal notre économie. Notre protocole reste d’actualité, et son application s’avère de plus en plus nécessaire. Seule une partie de la classe politique a compris la nécessité d’une action locale concertée, de stratégies à déployer depuis la Guadeloupe.

Nous n’avons eu de cesse de rappeler que cette situation sanitaire dégradée (plus de 800 décès dus au COVID)est le résultat d’une gestion unilatérale, tenant que peu compte de nos réalités : comment imaginer poursuivre sans remettre en question les décisions qui ont donné de tels résultats ?

Plus que jamais, nous affirmons la nécessité de sortir d’un statut qui nous impose de telles contorsions pour protéger la population. Il est temps d’avoir notre propre gouvernance sanitaire. La responsabilité locale, c’est déjà prendre ses responsabilités.

Le Boula

MoMaké

Depuis des mois, les syndicats, les organisations patronales, économiques, politiques font des propositions d’adaptation concernant la gestion de la crise sanitaire. Aucune proposition n’a été retenue ni dans le domaine de la santé, ni celles des associations sportives, ni celles des établissements médico-sociaux, ni celles des entreprises de l’événementiel, ni celles des restaurateurs.

La colère qui s’exprime aujourd’hui est le résultat d’un mépris répété par le pouvoir central.

La seule réponse audible est la fin de l’application du pass sanitaire, des sanctions en cours et le démarrage de discussions avec tous les acteurs concernés pour trouver une solution acceptable à la crise qui traverse notre société.

L’ANG appelle l’Etat à sortir de sa position autoritaire, aveugle qui est seule responsable de la situation actuelle.

L’ANG condamne par avance l’envoi de troupes supplémentaires en Guadeloupe. Ce n’est pas la répression qui réglera ce conflit.

Le Boula